Gaëtan Dehenne, plus et mieux que « contrôleur de gestion »

Il a l’air flegmatique et presque effacé, mais ne vous y fiez pas, Gaëtan Dehenne est bien là, et en perpétuelle activité. Et pour cause : son travail consiste à tout regarder, écouter, analyser, surtout après un mois seulement de découverte d’Entraide et Solidarités.
Qui plus est lorsqu’on aborde pour la première fois le secteur social et le domaine associatif, dans une « boutique » aux activités aussi nombreuses et diverses. Mais quelque chose nous dit que le contrôleur de gestion – un poste tout récemment créé – aura vite appréhendé les données de son problème pour entrer dans le vif du sujet.

Originaire du Nord, il est âgé de 49 ans, marié, père de deux enfants, et sa formation est passée par l’expertise comptable et une école de commerce. Et c’est peu de dire qu’il arrive après un riche parcours qui l’a conduit de l’industrie lourde (plâtrerie) à la pharmaceutique, puis de l’agroalimentaire au luxe, et de l’aéronautique à la logistique ! Il l’explique par le fait que ses spécialités, la finance et l’organisation, sont transverses, s’appliquent dans tous les secteurs d’activité. Ce qui ne l’a pas empêché de varier les plaisirs en allant des services financiers purs à l’ingénierie en passant par l’implantation de logiciels ou la conduite de projets.

Mais pourquoi passer de ce monde du profit, ultra concurrentiel, à une association sans but lucratif ? « C’est un parcours de vie. Autour de 45 ans, c’est bien aussi de ne pas penser qu’à faire de l’argent, et de chercher à donner du sens à son activité… » assure Gaëtan Dehenne.

Etre un soutien, sur le terrain

Pour l’heure, tout va bien de ce point de vue : « dès les entretiens de recrutement, j’ai senti qu’on était dans l’humain et j’ai rencontré des gens avec qui j’ai eu envie de travailler. Et la première impression se confirme, ça fait du bien de travailler avec les gens que je côtoie. Je l’ai vérifié encore à l’assemblée générale, un mois après ma prise de fonction, au fil des restitutions très pédagogiques et aussi à entendre les émouvants témoignages des personnes accueillies ».

Il souhaite garder « un rapport d’étonnement » avec l’univers qu’il découvre et sa gouvernance particulière, en équilibre entre professionnels et bénévoles, mais voit déjà ce qu’il peut apporter à l’association.

Il s’agit bien sûr des éléments financiers et des outils informatiques avec lesquels il jongle, et la préparation de l’AG lui a donné l’occasion d’être rapidement en prise avec nos réalités. Si bien qu’il a déjà dégagé ses priorités, et mis les fers au feu entre demandes de subventions, répartition des frais de siège, compte administratif, etc.
Mais Gaëtan Dehenne a une vision bien plus large de sa mission, et c’est en l’exposant qu’il peut dissiper un probable malentendu : « je n’aime pas l’appellation de contrôleur de gestion. Je ne suis pas là pour embêter qui que ce soit, mais pour apporter un support sur le terrain, être proche des salariés et voir dans l’échange comment mieux gérer leur vie de tous les jours dans leurs services. Ce qui passe par une vérification des procédures, une analyse des organisations, et de la pédagogie pour ramener la notion de client –  c’est-à-dire de service rendu, en interne et en externe – là où on s’en est éloigné.
On oublie souvent le « client »
… »

Pour ce qu’il a déjà repéré, Gaëtan Dehenne cite l’organisation et les systèmes d’information comme des points sinon faibles, du moins à travailler. Mais la tâche s’annonce bien puisqu’il a aussi identifié un point fort : « des gens engagés, qui ont une vraie envie de faire au mieux et un réel investissement !»