Municipales à Tours : les candidats répondent à nos questions

Municipales à Tours : les candidats répondent à nos questions

Avant le premier tour des élections municipales, nous avions interrogé les différents candidats à Tours (le maire sortant, Christophe Bouchet, ne nous avait pas répondu). Après le confinement, et la fusion de deux listes pour le second tour du 28 juin, nous avons précisé et complété notre questionnaire comme suit :

La crise sanitaire est venue 1) confirmer et mettre en évidence l’existence en permanence, à Tours, de plusieurs centaines de personnes précaires voire en très grande précarité, sans abri, sans papiers…2) démontrer que les Tourangeaux et les associations sont en très grand nombre solidaires des personnes démunies, et attendent davantage des pouvoirs publics, et 3) la gestion de la crise a montré que la puissance publique, si elle en a la volonté politique, peut dégager les moyens de résoudre ces problèmes, à un coût infime par rapport à celui de la crise dans son ensemble.

Afin d’informer nos adhérents, salariés, bénévoles, et bien que ces sujets soient souvent du ressort de l’État, merci de bien vouloir répondre aux huit questions suivantes. Vos réponses seront rendues publiques.

 

QUESTION 1 : ÊTES VOUS FAVORABLE A LA CRÉATION A TOURS D’UN VÉRITABLE LIEU DE PREMIER ACCUEIL,  AVEC SANITAIRES, DOUCHES, BAGAGERIE ETC., ET A LA PARTICIPATION DE LA VILLE A SON FINANCEMENT (investissement et fonctionnement) ?

Réponse de Christophe Bouchet (Liste « Tours nous rassemble) : Les questions 1 et 2 marchent ensemble. Oui, nous sommes favorables à la création d’un lieu de premier accueil complet, et oui, nous sommes favorables à un nouveau lieu d’hébergement d’urgence. A une condition, que le projet précise très clairement le financement et la gouvernance lors du fonctionnement : qui gère le lieu, comment, quels sont les engagements de toutes les parties prenantes etc.

Réponse d’Emmanuel Denis (Liste « Pour demain Tours 2020 ») : Oui, nous y sommes favorables d’autant plus que cela est également une préoccupation de l’État et que nous avons prévu cet équipement dans le cadre de notre projet de maison de l’hospitalité à côté de la gare (îlot Vinci). Toutefois, nous tenons à faire remarquer que nos engagements financiers sont directement liés à la situation budgétaire de la Ville. En effet, Christophe Bouchet a décidé, entre autre, de mettre en place un plan d’aide aux commerces très dispendieux financé en très grande partie directement par la Ville, nous savons donc que les hypothèses de budget que nous faisions au premier tour risquent de se révéler fausses au vu de la situation trois mois et demi plus tard.

D’une manière générale nous ferons tout ce que nous pourrons pour favoriser l’inclusion des plus pauvres dans la vie citoyenne de la ville de Tours. Cela passe évidemment d’abord par des conditions d’accueil et donc d’hébergement décentes.

 

QUESTION 2 : AVEC PLUSIEURS PARTENAIRES ASSOCIATIFS ET POUR FAIRE SUITE A NOTRE MOBILISATION SOLIDAIRE DURANT L’URGENCE SANITAIRE, NOUS DEMANDONS L’ACQUISITION OU LA RÉALISATION RAPIDE, A TOURS,  D’UN NOUVEAU LIEU D’HÉBERGEMENT D’URGENCE, DÉCENT, EVOLUTIF ET PÉRENNE. ENGAGEREZ-VOUS LA VILLE A COFINANCER CET INVESTISSEMENT, ET SI OUI A QUELLE HAUTEUR ?

Christophe Bouchet : Les questions 1 et 2 marchent ensemble. Oui, nous sommes favorables à la création d’un lieu de premier accueil complet, et oui, nous sommes favorables à un nouveau lieu d’hébergement d’urgence. A une condition, que le projet précise très clairement le financement et la gouvernance lors du fonctionnement : qui gère le lieu, comment, quels sont les engagements de toutes les parties prenantes etc.

Emmanuel Denis : Il nous semble que la création de lieux d’urgence doit s’accompagner d’une identification de la chaîne d’aide afin que ce nouveau lieu ne se retrouve pas inaccessible à de nouveaux bénéficiaires du fait du manque de solutions pérennes pour la sortie des accueillis. C’est pourquoi nous avons la volonté de travailler sur ce sujet avec les associations, le Département, la Métropole et l’État.

QUESTION 3 : EN ATTENDANT, ÊTES-VOUS FAVORABLE A UNE ADAPTATION PROVISOIRE DES LOCAUX ET DES HORAIRES DU CENTRE D’HEBERGEMENT EXISTANT (PAUL-BERT), POUR ÉVITER UNE REMISE A LA RUE QUOTIDIENNE DES RÉSIDENTS ?

Christophe Bouchet : Oui le foyer Paul Bert peut être adapté, mais il faut que les financements de l’Etat suivent. Le CCAS est déjà beaucoup moins financé que les structures privées associatives, et est déficitaire.

Emmanuel Denis : Oui, nous y sommes favorables à condition que le centre reçoive des vrais moyens pour fonctionner dignement avec ces nouveaux horaires. Nous sommes prêts à abonder le budget de l’association en charge de la gestion qui devra néanmoins trouver sa source principale de financement auprès de l’État et que l’autorisation d’ouverture le jour dépend entièrement de l’État. Il est important que cette période transitoire ne dure pas trop longtemps, les locaux du foyer n’étant pas vraiment adaptés à un fonctionnement 24/24.

QUESTION 4 : RENFORCEREZ-VOUS LE FINANCEMENT DU CAFÉ ASSOCIATIF « LA BARQUE », ET ÊTES-VOUS FAVORABLE A LA CRÉATION D’UN DEUXIÈME LIEU D’ACCUEIL DU MÊME TYPE ?

Christophe Bouchet : La ville a toujours été un partenaire actif de la Barque. Pourquoi pas un 2e lieu.

Emmanuel Denis : Nous laisserons la Barque nous faire la demande mais nous y sommes très favorables. Quant au deuxième lieu, nous y sommes favorables à condition que la pérennité de la Barque soit assurée.

QUESTION 5 : NOUS PROPOSONS L’OUVERTURE A TOURS D’UNE NOUVELLE PENSION DE FAMILLE DANS UNE PROPRIÉTÉ LÉGUÉE A LA VILLE SOUS CONDITION DE LUI ATTRIBUER UNE UTILITÉ SOCIALE  (RUE GEORGE- SAND). ÊTES -VOUS FAVORABLE A CE PROJET ?

Christophe Bouchet : Oui pour la pension de famille rue George-Sand.

Emmanuel Denis : Là encore l’ouverture d’une telle structure doit être liée à une définition claire du public visé puisque les structures existantes visent déjà différents publics. Mais sur le principe, nous sommes favorables à ce type d’équipement.

QUESTION 6 : QUELLE EST DANS VOTRE PROGRAMME LA PLACE DU LOGEMENT SOCIAL ET TRES SOCIAL (objectifs annuels en nombre de logements nouveaux, sociaux et très sociaux). QUELS SONT LES ÉLÉMENTS PLUS GENERAUX DE VOTRE PROGRAMME DESTINÉS A LUTTER CONTRE LA PAUVRETÉ ?

Pas de réponse de Christophe Bouchet.

Emmanuel Denis :  Comme nous l’avons dit plus haut, nous sommes favorables à répondre à tous les besoins en logement sociaux et très sociaux. Pour cela il faut d’abord établir un état des lieux afin de savoir quels sont les besoins réels, quelles évolutions de ces besoins nous devons prévoir dans les années qui viennent et quelles réponses nous pouvons y apporter. Pour cela nous nous appuierons sur l’expérience du CCAS dont les moyens seront augmentés et nous comptons également sur l’avis d’associations telles que la vôtre que nous consulterons très rapidement après notre élection. Toutefois, il est important de noter que la Ville de Tours ne dispose plus que d’un organisme de logement social (Ligeris) puisque Tours-Habitat est passé à la Métropole. L’essentiel du travail devra donc être fait en co-construction avec la Métropole. Nous notons par ailleurs que l’accès à l’habitat social et très social doit également se faire en lien avec les associations afin d’accompagner le passage de l’hébergement d’urgence à l’habitat social. Nous sommes prêts à soutenir des actions allant dans ce sens.

QUESTION 7 : L’INSERTION PAR L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE A FAIT SES PREUVES, MAIS LES CHANTIERS D’INSERTION PEINENT SOUVENT A TROUVER DES COMMANDES : VOUS ENGAGEZ-VOUS A DÉVELOPPER L’USAGE DE LA « CLAUSE SOCIALE » DANS LES MARCHÉS PUBLICS DE LA VILLE ET DES ORGANISMES QUI LUI SONT LIÉS ?

Christophe Bouchet : oui, nous nous engageons à développer la clause sociale dans nos marchés.

Emmanuel Denis : Oui, nous nous y engageons.

QUESTION 8 : UN PROJET DE « TERRITOIRE ZÉRO CHÔMEUR DE LONGUE DURÉE » EST EN GESTATION  DANS LE QUARTIER  SANITAS-VELPEAU.  EN FAVORISEREZ-VOUS LA RÉALISATION ?

Christophe Bouchet : nous accompagnons déjà le projet Territoire Zéro chômeur, nous continuerons.

Emmanuel Denis : Oui, puisque ce dispositif fait partie des idées que nous avons développées dans notre programme.