Budget 2026 : intransigeance…et contradictions !

Budget 2026 : intransigeance…et contradictions !

Le budget de l’État pour cette année 2026 a enfin été adopté lundi dernier, au moyen de l’article 49.3 de la Constitution. Le financement de nos activités en dépend à hauteur d’environ 80 % ! C’est dire combien cette levée d’incertitude est importante. Pour autant, ce n’est pas la fin des problèmes ni des inquiétudes. D’une part, parce que les subventions indispensables au fonctionnement de nos services n' »atterriront » au niveau local, et sur nos comptes en banque, qu’en mai ou juin prochain. En attendant, il faut payer le personnel, les charges, bref, assurer le travail auprès des centaines de personnes que nous accompagnons en Indre-et-Loire pour le compte de l’État et des collectivités. Et les banques rechignent à faire des avances, ce qui va mettre certaines associations en difficulté. Heureusement, Entraide et Solidarités dispose d’une trésorerie – toujours insuffisante, mais indispensable – fruit d’une gestion rigoureuse.

D’autre part, ce n’est pas la fin des inquiétudes parce que pour la première fois l’administration préfectorale a prévenu tous les opérateurs du secteur social, fin janvier : les comptes rendus financiers de 2025 vont être plus que jamais passés au peigne fin. Les excédents éventuels – l’argent qui n’aura pas été dépensé et qui peut souvent être « reporté » sur l’année en cours – pourra cette fois être repris par l’État. Même dans le cadre d’un CPOM (Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens) comme c’est le cas pour certains de nos services d’hébergement. Notre gestion analytique doit nous permettre de répondre précisément à ces exigences.

Ce n’est pas vraiment une surprise, on sait que l’État cherche à faire des économies dans de nombreux secteurs. Le Département aussi, d’ailleurs. Mais c’est pour le moins une contradiction. En effet, les financeurs s’apprêteraient à nous demander de « rendre » de l’argent alors qu’ils ont besoin de notre trésorerie pour faire face à leurs propres retards de paiement. Autrement dit, il faudrait leur rendre des fonds…qu’ils ne peuvent que nous restituer car ils leur sont indispensables autant qu’à nous ! On ne peut qu’approuver, bien sûr, le contrôle strict de l’usage qui est fait de l’argent public. Mais les financeurs, et en premier lieu l’État, doivent admettre qu’une certaine « agilité » financière est indispensable à la pérennité des actions qu’ils délèguent au secteur associatif. La même agilité nécessaire lorsqu’ils nous sollicitent dans des délais très courts pour prendre en charge des activités nouvelles…